Maquillage KISS
les quatre visages et comment les peindre
Ils ne se valent pas en difficulté, et tout se joue sur le fond blanc que les tutoriels expédient en trois secondes.
Le maquillage KISS, ce sont quatre visages peints en noir et blanc, créés en 1973 : le Starchild et son étoile sur l’œil droit, le Demon et ses ailes noires, le Spaceman et ses étoiles argentées, le Catman et ses moustaches. Le groupe les a abandonnés au profit du visage découvert pendant une longue parenthèse, avant de les reprendre en 1996. Ils ne se valent pas en difficulté : le Starchild est le seul accessible à un débutant.
- Le plus simple : le Starchild, une seule forme à tracer, aucune symétrie à tenir.
- Le plus exigeant : le Catman, dont tout repose sur la finesse des moustaches.
- Le point technique décisif : le fond blanc, en couches fines, poudré avant tout tracé.
- Pour un enfant : Starchild et fard à l’eau uniquement, jamais de produit gras.
Quel « maquillage kiss » cherchez-vous ?
Trois lectures possibles, et elles n’ont rien à voir entre elles. La plus recherchée de loin, c’est le maquillage du groupe de rock KISS : quatre visages peints en noir et blanc, devenus l’emblème du groupe autant que sa musique. La deuxième, c’est la marque de rouge à lèvres laissée par un baiser, motif graphique qu’on reproduit parfois sur la joue ou l’épaule. La troisième, c’est l’effet dit sun-kissed, ce hâle léger obtenu au bronzer, qui n’a de commun avec les deux autres que le mot.
C’est du premier qu’il est question ici.
Quatre visages, quatre niveaux de difficulté
Les tutoriels les traitent comme s’ils étaient interchangeables. Ils ne le sont pas : peindre une étoile sur un œil et tracer des moustaches symétriques au pinceau fin ne demandent ni la même main ni le même temps. Voici les quatre, du plus accessible au plus technique.
Le Starchild, l’étoile sur l’œil
Celui de Paul Stanley, et le point d’entrée évident. Fond blanc, une étoile noire à cinq branches centrée sur l’œil droit, bouche rouge vif. Toute la difficulté tient dans la régularité de l’étoile, dont une branche descend sur la pommette et une autre remonte vers le sourcil. Une seule forme à réussir, et l’autre moitié du visage reste nue. C’est le seul des quatre qu’on peut tenter sans expérience.
Le Demon, les ailes noires
Celui de Gene Simmons. Deux formes noires en ailes de chauve-souris qui enveloppent les yeux et remontent vers les tempes, bouche noire, pointes descendant sur les joues. La difficulté change de nature : il faut deux formes symétriques. L’œil gauche doit refléter l’œil droit, et le moindre décalage se voit immédiatement, d’autant que la surface noire est large. Faisable, à condition de tracer les contours avant de remplir.
Le Spaceman, les étoiles argentées
Celui d’Ace Frehley. Deux zones argentées en étoile autour des yeux, sur fond blanc, avec des contours noirs qui creusent le regard. Frehley a raconté avoir d’abord essayé un visage entièrement argenté, jugé trop plat dès le lendemain, avant d’inventer ses étoiles. Deux difficultés se cumulent : la symétrie, comme pour le Demon, et le fard métallique, dont l’éclat vire facilement au gris terne s’il est posé sur une base mal séchée.
Le Catman, les moustaches
Celui de Peter Criss, et le plus exigeant des quatre. Museau noir sur le nez et la lèvre supérieure, moustaches fines tirées de part et d’autre, zones noires cernant les yeux en amande. Tout repose sur la finesse du trait : des moustaches épaisses transforment le félin en dessin d’enfant, et un pinceau trop large ne pardonne pas. Prévoyez de le refaire une fois.
| Personnage | Signe distinctif | Difficulté |
|---|---|---|
| Starchild (Paul Stanley) | Étoile noire sur l’œil droit, bouche rouge | Accessible à un débutant |
| Demon (Gene Simmons) | Ailes noires autour des deux yeux, bouche noire | Symétrie exigeante |
| Spaceman (Ace Frehley) | Étoiles argentées cernées de noir | Symétrie et fard métallique |
| Catman (Peter Criss) | Museau, moustaches fines, yeux en amande | Pinceau fin et main sûre |
Le groupe a joué à visage découvert à partir de 1983, avec une première apparition publique sans maquillage en septembre de cette année-là, avant de reprendre les quatre visages lors de la reformation de la formation d’origine en 1996. Entre-temps, d’autres membres ont porté leurs propres personnages — le Fox d’Eric Carr à partir de 1980, un dessin à motif égyptien pour Vinnie Vincent — puis le Catman et le Spaceman ont été repris par Eric Singer et Tommy Thayer, qui les portaient encore lors du dernier concert du groupe, en décembre 2023.
Le fond blanc, la vraie difficulté
C’est le point que les vidéos expédient en trois secondes, et c’est pourtant lui qui décide du résultat. Un fond blanc raté ne se rattrape pas : ni le tracé noir le plus net, ni la meilleure étoile ne sauvent une base grise, translucide ou craquelée.
Deux familles de produits, deux comportements. Le fard à l’eau, celui des palettes de maquillage artistique, s’applique à l’éponge humide et sèche en quelques secondes. Il est confortable, se retire à l’eau, et convient très bien aux enfants. Sa limite tient à la couverture, souvent insuffisante en un seul passage, et à la transpiration, qui le fait disparaître par plaques sur un front en soirée. Le maquillage gras, en pot ou en stick, couvre nettement mieux et tient plus longtemps, mais il reste collant tant qu’on ne l’a pas poudré, il marque les tissus et il demande une huile démaquillante pour partir.
Quel que soit le choix, deux gestes changent tout. Appliquer en couches fines et croisées, jamais une seule couche épaisse : c’est l’épaisseur qui provoque les craquelures, pas le produit. Puis poudrer. Une poudre libre translucide tapotée au pinceau, sur un blanc gras, transforme une surface collante en surface mate qui tient la soirée. Presque personne ne le fait, et c’est pourtant ce qui sépare un maquillage qui dure d’un maquillage qui coule.
Le pas-à-pas, du blanc aux finitions
La séquence vaut pour les quatre visages, seul le dessin change à la quatrième étape. L’ordre n’est pas indifférent : chaque étape prépare la surface sur laquelle la suivante va se poser, et intervertir la poudre et le tracé suffit à tout gâcher. Prévoyez du temps la première fois, nettement moins ensuite.
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Dégager le visage et poser une base
Cheveux attachés en arrière, front et tempes dégagés. Sur peau propre et sèche, une crème hydratante légère laissée à pénétrer sert de barrière entre la peau et le pigment, et facilite le retrait.
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Poser le blanc à l’éponge
En tapotant plutôt qu’en frottant, du centre du visage vers l’extérieur, en contournant les yeux et la bouche pour l’instant. Deux couches fines valent mieux qu’une épaisse.
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Poudrer, puis attendre
Poudre libre translucide en abondance, excédent retiré à la brosse douce. Le blanc doit être mat et sec au toucher avant qu’on y trace quoi que ce soit. C’est l’étape qu’on saute quand on est pressé, et celle qui coûte le plus cher.
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Tracer les contours à vide
Au pinceau fin, dessiner la forme sans la remplir. C’est le moment de reculer, de vérifier la symétrie dans un miroir à distance, et de corriger tant que la surface reste rattrapable.
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Remplir, puis reprendre les bords
Toujours en couches fines. Une fois la surface noire posée, repasser les arêtes au pinceau fin : c’est la netteté du contour qui fait la différence entre un maquillage de scène et un barbouillage.
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Finir par la bouche et fixer
Bouche en dernier, pour ne pas la déplacer en travaillant le reste. Puis un voile de spray fixateur tenu à distance du visage, ou un dernier passage de poudre à défaut.
Ce qui fait rater le rendu
Le blanc posé trop épais, pour aller plus vite, craquelle dans l’heure. Cela commence autour de la bouche et des yeux, là où la peau bouge le plus, et une fois la fissure ouverte elle s’étend à chaque expression.
Le tracé noir posé sur un blanc encore humide donne un résultat sans retour possible : les deux pigments se mélangent, le noir vire au gris sale, et il faut tout retirer pour recommencer.
Les contours mous viennent presque toujours du même réflexe, celui de dessiner directement la forme pleine. On déborde, on rattrape, on redéborde, et la forme s’épaissit à chaque correction jusqu’à ne plus rien vouloir dire.
Sans fixation, un maquillage gras transfère sur tout ce qu’il touche, à commencer par le col d’un vêtement et le dos d’une main. La poudre n’est pas une finition esthétique, c’est ce qui rend le maquillage portable.
Reste la lumière, qu’on oublie toujours. Se peindre le visage dans une salle de bains au néon blafard donne un résultat qui paraîtra tout autre sous les lumières chaudes d’une soirée. Travailler face à une fenêtre, ou à défaut sous une lampe neutre, évite les mauvaises surprises.
Un maquillage gras ne part pas à l’eau et au savon : frotter étale le noir et irrite, surtout sur la paupière. Il faut un corps gras — huile démaquillante ou baume — massé à sec pour dissoudre le pigment, essuyé au coton, et seulement ensuite un rinçage. Sur un enfant, s’en tenir au fard à l’eau retiré à l’eau tiède, et tester le produit sur une petite zone du pli du coude avant de l’appliquer sur le visage.
Adapter selon la personne et l’occasion
Pour un enfant, le choix est vite fait : le Starchild, en fard à l’eau exclusivement, sans produit gras ni fard métallique. Une étoile, une bouche, rien d’autre. Le maquillage artistique destiné aux enfants relève d’exigences spécifiques et se retire à l’eau tiède, ce qui compte autant que le rendu.
Pour une soirée sans costume complet, la version réduite fonctionne très bien : pas de fond blanc sur tout le visage, mais un teint unifié au fond de teint le plus pâle dont vous disposez, et le seul dessin caractéristique — l’étoile ou les ailes — tracé au crayon noir gras. Le signe suffit à être reconnu, sans le poids d’un visage entièrement peint.
Pour une version express, un crayon khôl noir bien taillé suffit : on saute le blanc, on trace l’étoile du Starchild sur un œil, on assombrit la bouche. Ce n’est pas fidèle, mais c’est immédiatement lisible.
À retenir
Le choix du visage compte plus que le matériel. Une étoile bien tracée sur un blanc mat vaut infiniment mieux qu’un Catman approximatif aux moustaches tremblantes, et personne ne vous reprochera d’avoir choisi le plus simple des quatre maquillages de KISS.
Le reste tient dans la préparation de la surface : le blanc en couches fines, poudré, sec au toucher avant le premier trait. C’est là que se joue la différence entre un maquillage qui tient jusqu’au bout de la nuit et un maquillage qu’on regrette au bout d’une heure.
Quel maquillage KISS est le plus facile à réaliser ?
Le Starchild, celui de Paul Stanley. Une seule forme à tracer, l’étoile noire centrée sur l’œil droit, et la moitié du visage reste sans dessin. Les trois autres exigent une symétrie entre les deux yeux, ce qui change entièrement le niveau de difficulté.
Fard à l’eau ou maquillage gras ?
Le fard à l’eau s’applique à l’éponge humide, sèche vite, se retire à l’eau et convient aux enfants, mais il couvre moins et supporte mal la transpiration. Le maquillage gras couvre nettement mieux et tient plus longtemps, à condition d’être poudré, et demande une huile démaquillante. Pour une soirée longue, le gras poudré ; pour un enfant, le fard à l’eau sans hésiter.
Pourquoi mon fond blanc craquelle-t-il ?
Presque toujours parce qu’il a été posé en une seule couche épaisse. Le pigment forme alors un film rigide qui se fissure dès que la peau bouge, autour de la bouche et des yeux en premier. Deux couches fines croisées, tapotées à l’éponge, tiennent bien mieux qu’une couche généreuse.
Faut-il une perruque pour que le maquillage fonctionne ?
Non, mais les cheveux doivent être dégagés du visage et volumineux plutôt que plaqués : les quatre personnages reposent sur un contraste fort entre une chevelure sombre et un visage blanc. Une raie effacée et un peu de volume racine suffisent à obtenir l’effet, sans accessoire.
Le maquillage tient-il sur une peau grasse ?
Oui, à condition de matifier avant de commencer et de poudrer davantage. Sur une peau qui brille, le blanc gras glisse et se marque dans les plis d’expression : une base matifiante, puis une poudre libre en deux passages, l’un après le blanc et l’autre à la toute fin, changent nettement la tenue.
Quatre visages, cinquante ans de scène, et une règle qui n’a jamais changé : ce qui se voit de loin, ce n’est pas le détail du dessin, c’est la netteté du contraste.